Ce que nous disent nos peurs. Ecoutez-les !

Peur du noir, peur du monstre, ou peur des fantômes ? « Même pas peur » me direz-vous ? Mais si, mais si ! Grattez bien ! Des peurs, on en a tous. La peur est une émotion primaire, universelle, grande contributrice de la perpétuation de l’espèce. Percevoir et s’adapter à un danger est vital pour notre survie. Paralysie, fuite ou agressivité sont les 3 stratégies de défense couramment employées de manière automatique.

Elle développe adaptabilité, stratégie, intuition, prudence, implication, sens de l’observation, analyse, réflexion…

Mais aussi, défiance, ruse, calcul, manipulation, agressivité, mensonge, médisance, jalousie, lâcheté,…. et j’en passe !Anne Dufoumantelle - probleme des lois securitaires- gouverner par la peur c-est refuser l-autonomie de l-individu

Quelles sont nos peurs ?

On a tous des petites peurs, (peur de rater le train, peur d’échouer à mon examen, peur de téléphoner à l’inspecteur des impôts,,,) des moyennes peurs (peur d’être en retard -ou en avance-, peur de prendre la parole, peur de manquer,,,) et une ou des grandes peurs. Si grandes, si grosses, si fondamentales qu’elles peuvent se mettre à gouverner notre vie.
L’énnéagramme en nomme 9. Neuf peurs fondamentales : Peur de mal faire, peur d’être rejeté, peur d’être sans valeur, peur d’être sans identité, peur d’être incapable, peur d’être trahi, peur de la souffrance, peur d’être contrôlé et peur d’être perdu.

Quels sont nos processus d’évitement ?

La peur étant quand même quelque chose d’inconfortable, quand il y’ a peur on cherche à l’éviter. On met donc en place des stratégies d’évitement chargées de résorber, atténuer, résister ou esquiver cette peur qui nous titille sans cesse. En bref, on s’adapte.

Ces 9 peurs, selon l’approche de l’ennéagramme, gouvernent donc chez nous 9 processus d’évitement; c’est à dire qu’à tout prix nous cherchons à éviter, dans l’ordre des 9 peurs fondamentales énumérées ci-dessus, la colère, soi-même (nos propres besoins), l’échec, la banalité, le vide intérieur, la déviance, la souffrance, la faiblesse, ou le conflit.

Trouver le point commun de nos peurs

Si vous ne vous y retrouvez pas, n’ayez pas peur et cherchez encore.
Cherchez vers ce que vous développez pour être aimé et apprécié. Ce que vous avez intégré comme primordial, indispensable. Et du coup ce que vous cherchez à éviter, ce qui vous est insupportable.
Les peurs se déguisent très bien et aiment nous laisser penser « c’est pas moi c’est l’autre », « y’a pas de problème ». Elles peuvent ainsi se déployer en toute impunité, s’infiltrer dans nos différentes dimensions, gouverner nos vies par leurs automatismes pseudo-sécuritaires. Tandis que le confort d’une routine pensante et agissante dissout notre libre arbitre, la peur prend le volant, incognito. Elle s’engouffre dans notre grille de lecture des évènements et influence nos interprétations. C’est ainsi que l’on répète sans cesse les mêmes erreurs ou comportements. Même si la forme (comportements réactionnels face à la peur) diffère, la répétition s’établit sur le fond, s’alimente du déni ou de la fuite.

Que j’ai des fou-rires dans des situations incongrues, que je me sente incapable de rendre visite à un ami malade, ou que je papillonne d’idée en idée, c’est peut-être ma peur fondamentale de la souffrance qui entre en jeu. Que j’ai tendance à me situer en retrait, à compartimenter ma vie et mes relations, à accumuler des connaissances, c’est peut-être ma peur d’être envahi. Que je taise ce que je sais, que j’accepte une situation préjudiciable pour moi, ou que je disparaisse sans laisser d’adresse, c’est peut-être ma peur du conflit. Que je me sente à l’aise dans un environnement structuré, que je respecte et exige qu’on respecte les règles, que je me méfie de la nouveauté, c’est peut-être ma peur d’être trahi.

Nos peurs sont reliées entre elles par un fil rouge, expression de nos évitements.

Bienfaits de nos peurs contextualisées,

Puisque la peur est vitale chez l’être humain, qu’elle nous traverse tous, rien ne sert d’y porter un jugement de valeur. Favorable à notre survie, la peur contextualisée génère en nous des actions positives et constructives et on aurait parfois tort de ne pas avoir peur. La peur d’être écrasé par la voiture qui arrive me fera reculer alors que je m’apprêtais à traverser, la peur d’un accident dans la piscine décidera d’un enclos ou d’un endroit approprié,,,

Oui, Mais… Pas que !

Danger de nos peurs imaginaires

D’un fonctionnement archaïque, la peur mobilise des moyens très puissants en nous pour éviter le danger perçu. Ces moyens ne sont pas toujours adaptés car notre perception d’un danger est parfois totalement construite. Or la peur stimule notre activité cérébrale, nous amène à penser, prévoir, évaluer, juger, anticiper, imaginer. Tant et si bien qu’on peut perdre de vue le(s) péril(s) véritable(s) ou créer la situation tant redoutée. Laissant libre cours à nos peurs imaginaires, on finit par leur modeler une réalité.
La peur captive toute notre attention sur un danger. Si le danger est réel, elle nous sauve; s’il est imaginaire, elle rétrécit tragiquement notre point de vue.
Quand la peur ne devient qu’une crispation égotique, formatée d’après notre carte du monde, elle suscite un tel aveuglement qu’elle peut diriger d’effroyables destructions tant matérielles que psychologiques.

Comme toute émotion, la peur est contagieuse. Elle se communique très bien.

Peurs imaginaires ou danger reel ?

Si nos peurs sont si présentes et différentes, c’est qu’elles tiennent à notre histoire. Nos grandes peurs s’établissent sur des expériences vécues, dans des situations contextualisées ce qui les confirme bien dans leur réalité.
Mais, en les généralisant, nous bâtissons un système de croyances, de convictions, à l’aune de notre interprétation subjective qui n’a souvent plus rien à voir avec la réalité. Cette construction mentale comme moyen de contrôle sur nos incertitudes peut exercer un joug si important qu’elle va dénaturer relations, choix, discours, actes,,,
L’enfant perdu dans le supermarché peut avoir si peur, se sentir si violemment abandonné qu’il peut généraliser cette peur sur ses relations amoureuses des années plus tard; avoir peur d’être abandonné dès que son partenaire s’éloigne un peu. (Notons bien que cela n’a rien de systématique. Ouf ! Tous les enfants perdus 2 mn au supermarché ne deviennent pas des adultes fusionnels ou tyranniques ! ;) )

Comment convertir ses peurs ?

Or on peut transformer ses peurs. Le meilleur moyen de ne plus subir sa peur est d’accepter d’avoir peur. C’est à dire prendre conscience de sa peur. Au niveau du cortex cérébral, les comportements automatiques guidés par la peur se passent au niveau du subconscient. Or la conscience appelle des circuits différents qui agissent ainsi sur la peur en dessinant une nouvelle carte.
C’est en admettant sa peur qu’on pourra l’affronter; en l’explorant qu’on pourra la connaître; en la dévisageant qu’on pourra la nommer, précisément; en la reliant, qu’on pourra la traverser et ainsi la transformer. Eveiller nos consciences aux contenus de nos peurs, c’est faire reculer notre égo et avancer notre vérité. Tenter d’échapper à nos déterminations plutôt que vouloir les connaître revient à renoncer à sa liberté.Rompre l'habitude de la peur-Traverser ses peurs pour les transformer-Coaching

Peur VS désir

Comme tout poison, la peur a une antidote. C’est le désir. Et le désir s’appuie sur la confiance. La confiance se cultive par une disposition d’ouverture, d’accueil et de bienveillance tant envers soi qu’envers les autres. Augmenter sa confiance en soi, c’est aussi s’ouvrir et accueillir sa peur.

Je ne me comporte pas de la même façon, je n’induis pas la même chose, je ne vis pas de la même manière si je désire être intégré plutôt que si j’ai peur d’être rejeté, si je désire me réaliser plutôt que si j’ai peur d’échouer, si je désire que mon enfant trouve sa place plutôt que si j’ai peur qu’il rate sa vie ou son diplôme, si je désire faire plaisir à mon amie plutôt que si j’ai peur d’arriver les mains vides, si je désire développer des relations authentiques plutôt que si j’ai peur du regard des autres, si je désire m’engager en amour plutôt que si j’ai peur d’être abandonné, etc.

Agir plutôt que réagir

Prendre conscience de sa peur amène à répondre en conscience à son désir. Cette rationalité fait parfois toute la différence entre un comportement brutal et une attitude constructive. De la barbarie à notre humanité, c’est parfois l’histoire d’un fil rouge si peu dénoué qu’il nous enserre. Car la peur fait tellement partie de notre condition humaine qu’elle s’infiltre partout. Elle creuse la faillite de nos capacités de discernement et nous réduit à notre état primitif.

Pour s’extraire de ces sauvages servitudes, n’hésitons pas à convoquer fantômes, sorcières, monstres et ogres de l’enfance. En les cherchant sous le lit, on a bien vu qu’il n’y avait rien. Sauf parfois quelques trésors perdus… Bingo ! ;)

Laure de Balincourt

Pour aller plus loin :
Anne Dufourmantelle : Éloge du risque, Paris, Payot editions, 2011
Pascal Ide : Connaître ses blessures, éditions de l’Emmanuel, 1997
Don Miguel Ruiz : Les quatre accords toltèques, Éditions Jouvence, traduit par Olivier Clerc, 1999
Don Miguel Ruiz : Au-delà de la peur, traduit par Olivier Clerc, Éditions Jouvence, 2004

 

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