comprendre-ses-leviers-de-motivation-coaching-adolescenceLes leviers de motivation, ces sésames du passage à l’acte

Comprendre le processus de la motivation, cette dynamique qui nous met en mouvement (motivation, du latin moveo = mouvoir, bouger), c’est le grand défi de nombreux chercheurs en psychologie depuis les années 1920, et notamment les travaux de Deci et Ryan. Les théories de la motivation sont récentes et les modèles proposés se recoupent, ce qui est une bonne nouvelle !

La motivation : du global au particulier

Souvent associée au plaisir, à l’intérêt, la motivation s’étudierait plutôt comme phénomène global ; différents paramètres, obéissant à la singularité de chacun, sont à prendre en compte. Et, pour corser le tout, on ne peut figer les processus de motivation individuelle ni dans le temps (les ressorts de motivation évoluent au fil du temps ), ni dans l’espace (selon le contexte, la motivation peut apparaître ou disparaître. Par exemple, un jeune aime l’histoire. Intéressé par ce domaine, il peut être motivé pour faire des recherches, lire des livres sur le sujet mais désintéressé pour suivre le cours car mal à l’aise dans sa classe, réfractaire à la manière d’enseigner de son professeur, contrarié par un évènement extérieur,…)

A chacun ses ressorts de motivation

Si les premiers travaux de recherche sur la motivation ont mis en avant la nécessité du « besoin » (pyramide des besoins d’A. Maslow) et le principe du « renforcement » (c’est à dire le principe de « la carotte et du bâton » ; récompense ou punition exercerait un moteur. Le système de l’image, du bon-point, du compliment continue d’ailleurs son existence dans le monde professionnel avec l’obtention de « primes »), d’autres études ont éclairci la présence de facteurs supplémentaires dans le processus de motivation; chacun ses leviers de motivation…

Motivation et sentiment de compétence perçue

Le psychologue américain Bandura privilégie le sentiment de compétence perçue, appelé aussi sentiment d’efficacité personnelle. Je m’attelle à la tâche avec d’autant plus d’énergie que je m’estime capable de le faire. (On voit ici l’importance d’une bonne estime de soi comme moteur d’action.)

Pour renforcer le sentiment d’efficacité personnelle, si fort levier de motivation, Bandura souligne l’importance de l’imagination ; Anticiper par la pensée la réussite d’une tâche et imaginer ses effets renforce la motivation. Il y introduit l’idée de progression (se fixer des objectifs de plus en plus haut) et appuie sa théorie sur le besoin de dépassement de soi.

motivation-et-autodetermination-coaching-scolaire-jeunes-et-adosMotivation et autodétermination

Deci et Ryan insistent sur l’autodétermination, c’est à dire le libre choix de l’activité ; plus je me sens libre dans ce que je fais plus je me sens motivé. (C’est le principe des « hobbies »)

Ils distinguent deux formes de motivation :

• la motivation « extrinsèque » : j’effectue une activité pour en retirer une récompense ou éviter une punition

• la motivation « intrinsèque » : je m’adonne à telle ou telle activité avec d’autant plus d’implication qu’elle répond à un plaisir fondamental pour moi.

La motivation extrinsèque est parfois nécessaire ou bénéfique, notamment pour amorcer la dynamique. Les jeunes en panne de motivation peuvent avoir besoin d’un « coup de pouce » extérieur. S’il ne devient pas systématique, il n’est pas à proscrire, uniquement en ce qui concerne des tâches simples, automatiques. De toute façon, il est important de valoriser et encourager ses enfants – comme ses élèves- et mettre en relief ce qu’ils font de bien, sur des appuis concrets.

Toutefois il est important de doser cette motivation extérieure car elle peut être nécessaire mais pas systématiquement, encore moins suffisante. Différentes expériences ont montré que trop de motivation extrinsèque tue la motivation intrinséque. Elle focalise sur la récompense – ou le risque de punition – et paralyse la pensée. Outre les rapports dominants-dominés que ce système peut induire, c’est un processus qui décentre la personne de son intériorité, la désengage vis-à-vis d’elle même.

Or, plus la motivation intrinsèque s’épanouit, plus l’individu est autonome et surtout ACTEUR.

Dans ce rapport entre la tâche à accomplir et les aptitudes et intérêts de celui qui la réalise, se situe le champ immense des valeurs, acquis, croyances, etc propre à chacun.

Avec une interaction des deux leviers de motivation, la personne acquiert donc sentiment de compétence perçue et autodétermination.

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C’est la position plus récente d’ Alain Lieury et Fabien Fenouillet (cf le site de F. Fenouillet sur la motivation: http://www.lesmotivations.net/) : tous deux donnent autant de poids à la compétence perçue et à l’autodétermination. Dans leur modèle, ces deux paramètres sont fondamentaux et interagissent. Plus l’individu se sent compétent dans un domaine qu’il a choisi, plus il prend du plaisir et agit sous l’impulsion d’une motivation intrinsèque. A l’inverse, il se démotive dès qu’il se sent contraint ou incompétent. Entre les deux (perte de compétence ou augmentation des contraintes) il s’appuie sur une motivation extrinsèque.

Or, nous savons tous que malheureusement, l’école peut être vécue comme une situation très contraignante (horaires, programmes, locaux, enseignants) et le système de notation comme paralysant. Perçue comme telle, elle conjugue alors les effets négatifs d’un sentiment d’incompétence + celui d’une soumission.

Comment faire pour s’en sortir ?

L’environnement social et le besoin d’appartenance comme forces de motivation

motivation-ados-reussite-scolaire-eviter-demotivation-chez-les-jeunesDeci et Ryan octroient aux facteurs sociaux une influence considérable ; les besoins de compétence, d’être acteur ET de se sentir appartenir à une communauté ou un groupe social servent une motivation autodéterminée.

L’influence de cette conscience collective est déterminante dans les stratégies de succès comme dans les stratégies d’échecs. Plus je me sens « nul » et contraint, plus je rejoins la bande de « rebelles » et derniers-de-classe, ou plus je me sens compétent et autonome, plus je m’organise pour faire partie de la tête de classe et appartenir à ceux qui réussissent, par exemple.

Ce facteur social reste déterminant tout au long de notre vie, aussi bien dans le monde de l’entreprise qu’à l’école ou sur les bancs de la fac.

La perte d’un environnement social ou un environnement social tyrannique, égotiste ou humiliant peut conduire à des conséquences dramatiques.

Pour éviter la démotivation

stages confiance en soi estime de soi ados et jeunes adultesRépondre à ces 3 critères (compétence perçue, autodétermination et appartenance) évite la probabilité de voir apparaître le découragement, la démotivation ; Le sentiment d’impuissance, l’impression de ne rien pouvoir y faire engendre une passivité devant la tâche.

Cet état mis à jour par le psychologue américain Martin Seligman lors de différentes expériences, se nomme la « résignation apprise ». « Résignation » parce que passivité devant l’événement, « apprise » parce que née d’une expérience antérieure où l’individu aurait installé la croyance qu’il n’avait pas de prise sur l’événement ; le fameux « A quoi bon, ça sert à rien… de toute façon, je suis nul… » C’est la perte de sens. La connexion avec ce qui est important pour lui a été rompue chez l’individu.

Ce concept de « résignation apprise » est particulièrement dangereux en apprentissage. Il peut saborder les plus beaux esprits, gaspiller les plus grandes aptitudes. Perte de confiance en soi, mauvaise estime de soi, peur de l’erreur affaiblissent les ressorts de motivation et conduisent à la soumission.

Pour se sortir de cette situation, la créativité peut changer la donne. Nous sommes tous créatifs et stimuler notre capacité créative nous permet de changer de point de vue comme de s’émanciper du cadre. Ne serait-ce que par un changement d’interprétation ou de perception, on peut « ré-accorder » les dissonances pour faire le plein de sens, transformer les contraintes en atouts, s’orienter vers des solutions.

motivation-et-reussite-scolaire-lutte-contre-decrochage-scolaireLa motivation est-elle le seul déterminant de la réussite scolaire ?

La motivation naît donc de la maturation d’un processus de composantes plus ou moins particulières. La dissocier comme élément hors de notre système individuel est impossible. Fruit d’un équilibre entre notre mémoire, notre connaissance de nous mêmes, notre confiance, notre imagination, notre environnement, nos possibilités de décisions, elle s’ajuste et se réinvente tout au long de notre vie.
Capitaine de vaisseau qui n’est rien sans son équipage ou mot générique donné à un ensemble de constituants identitaires ? Dans ce pluralisme, on peut dire qu’elle est déterminante pour n’importe quel succès puisqu’elle signifie un équilibre acquis, une cohérence entre nos pensées et notre agir. Et la motivation, ça s’en va et ça revient…. à la mesure de notre bien-être !

Favoriser une bonne estime de soi, persévérer dans la recherche de son identité, connecter son agir avec ses valeurs, préserver ses capacités attentionnelles : des ingrédients nécessaires pour renouer avec la motivation.

Car la motivation est essentiellement une affaire de sens. Si notre liberté se situe dans notre puissance d’agir, on trouvera celle-ci dans la compréhension de notre environnement et nos possibilités d’adaptabilité.


Le premier levier de motivation est le PLAISIR ! Savoir ce que j’aime, discerner ce qui est important pour moi, mes buts, le sens que je veux donner à ma vie,,, la connaissance de soi nourrit la motivation.
Animés par des forces profondes qui varient selon notre « carte du monde », répondre à ce désir singulier qui n’appartient qu’à soi constituera le socle pour renouer avec la motivation.

Laure de Balincourt


QUELQUES PISTES PRATIQUES pour renouer avec la motivation :

  • M’interroger sur le but de la tâche à accomplir ; qu’est-ce que cela me donnera de rédiger cette dissert de philo ? de prendre ce RV ? de ranger ma chambre ? d’apprendre ce cours ?
  • En quoi cela est-il important pour moi ? Avoir l’esprit libre pour ma soirée ? Tenir mon engagement ? Avoir une bonne note ? Comprendre le système économique mondial ? Faire plaisir à… ? Explorer une pensée ?
  • Quel(s) besoin(s) je satisfais en faisant cela ? sociabilité ? détente ? fiabilité ? respect de moi même et de mon environnement ? réussite ? dépassement ? découverte ? connaissances ? partage ?…
  • Quel résultat et quel temps je me fixe ?
  • En suis-je capable ?
  • Quelles sont mes ressources que je vais mettre en œuvre ?
  •  VISUALISER ma réussite et en ressentir les effets.

Tout est ok ? Alors allons-y et BRAVO !


 

Vous avez entre 15 et 30 ans ?

Vous voulez mieux vous connaître,
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Bibliographie :

Bandura Albert : Auto-efficacité : Le sentiment d’efficacité personnelle, Paris, De Boeck, 2007, 2e éd.
Lieury Alain et Fabien Fenouillet – Motivation et réussite scolaire. Dunod, 1996.

Théorie de l’autodétermination sur : http://archimede.bibl.ulaval.ca/archimede/fichiers/20726/ch02.html

 

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