Pourquoi accompagner ou coacher des adolescents ?

valeur incitative de la creativite

© Joël Guenoun

L’adolescence est une période de vulnérabilité, comme toute étape de changement. Changement physique et changement mental. Lors de ce changement d’état, l’adolescent sort de son pays d’enfance et dégage son identité de personne. Cette revendication identitaire, nécessaire et naturelle, varie selon les individus. Notre société n’étant plus rythmée par des rituels, cette difficulté à se trouver et prendre sa place s’est accrue.

Pour autant, en grande majorité, les adolescents vont bien : Selon une enquête Ipsos Santé-Fondation Pfizer, 71 % se sentent bien à l’école et 69 % sont satisfaits de ce qui leur arrive.
C’est un point à souligner, alors qu’on entend beaucoup de Cassandre affirmer que tout dérive !

Le besoin d’accompagnement des jeunes ne vient pas d’une incapacité éducative.

Stephane Clerget, pédopsychiatre et auteur d’un Guide de l’ado à l’usage des parents, souligne même que « L’éducation contemporaine a pour objectif de former des individus A l'adolescence mieux se connaitre - confiance en soiépanouis, capables de négocier, d’exprimer leurs positions. On l’a habitué à revendiquer, à discuter, il s’en sert. Un enfant bien éduqué devient donc un adolescent difficile à piloter ! »

Adolescence vient du latin « adolescere » qui veut dire « grandir ».

Grandir, cela veut dire acquérir autonomie et responsabilité. Si l’adolescent revendique avec force cette nouvelle indépendance, c’est souvent là que le bât blesse dans le contexte familial. Epris de liberté, l’adolescent associe généralement son désir d’émancipation et de devenir, à un « no limit » frontal ; « je fais c’que je veux, comme je veux, quand j’veux ! ». Soit l’adulte démissionne, soit il s’exaspère…

Les conflits liés à l’adolescence viendraient-ils d’une guerre de pouvoir ?

Nous, parents, gardons au fond de nous ce corps de petit bébé, ce visage d’enfant, ses premiers pas et ses premiers genoux écorchés, la cadence de la balançoire, les câlins et les histoires du soir, toute cette relation de dépendance et cette autorité naturelle dont nous disposions alors. Accepte t-on l’idée que ce temps là soit révolu ? Consentons-nous à prendre une autre place, pour lui offrir la sienne ? Quel accès, quelle implication dans le monde adulte lui offrons-nous ? Le territoire familial est à réaménager sans cesse, et on dit qu’un déménagement est toujours un deuil comme les tracés de frontière, des déclarations de guerre…. Pas facile de rester nomade, voyageur dans l’âme c’est-à-dire ouvert aux changements, à l’inattendu, à la découverte.

conflit-ado-parents

© Brunor (paru dans La Croix-3/1/12)

Quant à l’ado, pourvu de sa mémoire épisodique différente de la nôtre, il garde en lui ce sentiment de confort, de sécurité, de confiance, tout en rêvant sur la liberté présumée de l’adulte. Tiraillé entre la quiétude de l’enfance et son aventureux besoin de s’accomplir, il teste, il grogne, il expérimente, il s’assoupit, il s’enthousiasme, il s’angoisse,,,

Normal, cette histoire de fil tendu ! Epuisant, mais pas dramatique !

Devenir adulte prend du temps. Toute exploration demande du temps.
Or, dans notre contexte de société (crise économique, mondialisation, vitesse des échanges), il est difficile de prendre le temps, de laisser le temps au temps. D’autant plus que l’élargissement social, économique, professionnel, culturel, familial s’est accru. La « carte du monde » de l’être humain s’agrandit sans cesse, les perspectives de chacun pour devenir augmentent. Nous ne sommes plus ébéniste de père en fils, habitant Thonon-les-Bains depuis des générations, passant nos vacances chez les grands-parents.

Le champ de possibles est devenu si immense qu’il peut donner le vertige.

Quoi de plus naturel que cette peur du changement ? De plus compréhensible que cette tendance au repli, au non-choix, ou à l’évitement ?

Naturel et compréhensible, peut-être. Souhaitable, sûrement pas !

Accompagner les jeunes, ce n’est pas nécessairement les accompagner parce qu’ils vont mal. Ce n’est pas la peine d’attendre qu’ils soient en grande difficulté. Ces nouvelles propositions de coaching, (coaching scolaire, coaching d’orientation, coaching individuel, coaching de vie) qui s’amplifient de jour en jour, répondent, à mon sens, à ce changement de paradigmes. Elles trouvent leur raison d’être dans cette volonté d’accompagner la personne pour devenir ce qu’elle est, alors que notre rapport au temps, d’une part, et notre système scolaire, prisonnier de ses rigidités, d’autre part, sont incompatibles avec ce désir.

Partir de notre société actuelle pour construire une société à venir :

albert-einstein-capacitesNous avons tous besoin les uns des autres. S’autoriser à se faire accompagner, ou à laisser son ado être accompagné par un tiers, à un moment donné, c’est prendre en compte la mutation de notre société dans laquelle il doit s’inscrire. C’est faire preuve de maturité collective comme de maturité individuelle. Pour les parents, c’est accepter l’éloignement de son enfant avec soi, lui donner les moyens de la séparation en introduisant un médiateur dans la relation, lui permettre d’accéder à lui même. Le développement personnel n’est pas un « traitement » à administrer en cas de difficulté, plutôt une conscience à établir. Il n’est pas une « fin » en soi mais une ressource pour humaniser nos relations et engager notre rapport au monde. C’est l’atout du coaching, organisé autour du changement.

Pour les jeunes, c’est se permettre d’accéder à son identité, à son unicité et se donner ainsi des moyens de progression individuelle pour une amélioration du « vivre ensemble ». C’est s’autoriser à être acteur de sa vie, se donner les moyens d’être responsable et d’intervenir dans notre société en restant ouvert et tourné vers l’autre.

Malgré son amplitude, notre société a perdu la conscience de la diversité comme voie d’accès à une réussite personnelle et communautaire. Formatée et globalisante, elle dilapide la richesse de certains savoir-être pour ne récompenser que certains savoir-faire. Or, la vigueur de la diversité et le respect des différences sont des ressorts incomparables d’une civilisation. Les individualités créatives portent en elles une dynamique profondément incitative, ouverte, rebondissante, dont notre société a besoin.

Le Parcours du Loup Blanc a été élaboré dans cet esprit là. Ni thérapie, ni soutien scolaire, innovant et inqualifiable, il vise à approcher la profondeur et développer les richesses de chacun de nous : s’adapter sereinement à l’instabilité du monde et savoir se positionner généreusement face aux incertitudes. Les certitudes, chacun s’en charge !…

posted by : Laure de Balincourt

 

Vous avez entre 15 et 30 ans ?

 

3 commentaires

  1. Si on est parent d’adolescents, il est possible aussi d’avoir recours à l’hypnose pour les aider à développer leur confiance en soi. Voici d’ailleurs un lien utile pour Apprendre l’hypnose par soi même

  2. L’adolescence est la période la plus difficile d’une vie. C’est la période où l’on commence à contester toute autorité surtout celle des parents mais c’est la base de cette contestation que viendra se fonder la personnalité du futur adulte qui se cache derrière cet adolescent.

  3. Article intéressant. Je fais ce travail d’accompagnement et de formation des jeunes au Togo. La problématique est de taille et demande en effet une nouvelle approche de la relation parents enfants. L’éducation est en redéfinition pour mieux outiller les adultes de demain.
    Contactez moi via ma boîte mail pour échanger.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>